Nathalie Dewoitine

Ce matin

Ce matin, l’automne est arrivé. Pressé de s’installer, d’un grand coup de vent, il a fait tomber les feuilles qui s’accrochaient encore hier, baissant la tête sous les rayons du soleil, les impertinentes ! Aujourd’hui, elles roulent au sol, emportées par le vent d’automne. C’en est fini de l’été et de son écrasante chaleur, de son air lourd, sec, qui ralentit les corps. C’est maintenant le temps des matins frais et des couleurs feu et or... Les verts s’éteignent, les champs qui, hier, semblaient brûlés se parent de rouge et de jaune. L’animal terré au fond des rares bois sait qu’il est fini, le temps des amours, de l’abondance. Il est temps pour tous de se préparer aux saisons pauvres. L’automne purgatoire a sonné le glas de l’été ce matin. Comme l’animal, je le sens, j’écoute les feuilles rouler, le vent caresser mon visage comme la main d’une mère qui dit à l’enfant : « Allez, il faut rentrer maintenant ». Un instant, l’enfant regarde en arrière, et cette caresse lui promet d’autres étés. L’odeur de l’automne est là, tout autour. Mes racines de fille des forêts vibrent au rythme de la nature et me rappellent d’où je viens.

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