Nathalie Dewoitine

Le sais-tu ?

Ici, l’eau se change en glace, figeant le courant de la rivière en quelques heures. Le sais-tu ? Ici, la blancheur règne en maîtresse. Le vent vient griffer les visages des hommes et leurs souffles deviennent brouillard. Leurs machines, monstres bruyants, peinent chaque jour pour repousser la poudre envahissante. Sais-tu que cela ne sert à rien, ou si peu ? L’équilibre peut se rompre à chaque instant. Ici, la force de l’être humain devient un fétu de paille dès que la nature le décide. Ils ont beau mettre des lanternes aux fenêtres pour les fêtes — dérisoires signes de joie, pathétique orgueil humain ou bravoure, va savoir… Seule la nature décide. Ici, les êtres des bois, serviteurs de la terre, du vent et de l’eau, chantent les dieux de leurs terres oubliées, leurs traditions survivantes. Et si tu écoutes bien le vent, ce sont leurs voix qui viennent griffer la peau de l’homme blanc, celui-là même qui est venu et qui a tout pris. Le sais-tu ?