Nathalie Dewoitine

Le coeur comme un champ de bataille - 18 novembre 2011

Dans le fond du silence lourd, il reste le souvenir des mots, des mots comme des lames, des phrases hurlées qui plongent plus profondément encore… Là, les contours d’une bouche ouverte effrayante, tatoués sur la peau diaphane… Ici, un spasme, un soubresaut dérisoire qui se souvient du goût de la trahison… Par là encore, la trace des gestes incompréhensibles, dénués de sens… Et tout ce vide, ce gouffre autour… Le rouge n’existe plus, il s’est enfui avec la haine, laissant le cœur blanc et sec, et depuis, c’est la recherche incessante de vie. Un sourire pour nourrir une plaie, un baiser pour assouvir le besoin de respirer.

Il suffirait d’un rien, d’un rire au fond de sa gorge, d’un murmure sur le bord de ses lèvres, d’un débris de lumière dans son regard pour respirer de nouveau à grandes goulées… Comme un animal, il cherche encore et encore, une main douce, une parole caressante… Il cherche la paix, comme un soldat après la bataille, démuni, sans arme, les yeux hagards… Le ciel gris au-dessus de la tête, l’odeur des corps, de la poudre et de la peur sur la peau… La solitude comme seul horizon. Il cherche… Il cherche à s’en fendre l’âme.

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