À ceux qui restent au fond de nos cœurs
Dans le fond des tiroirs de notre vie, il y a des tas de choses oubliées. Des photographies qui s’effacent, des petits mots griffonnés sur un carnet usé, des petits riens d’une vie passée. Quand le tiroir s’ouvre par hasard, juste un instant, le cœur s’arrête de battre, les yeux s’écarquillent et, de ce passé qu’on pensait perdu, reviennent des émotions bien vivantes.
Ce sont les restes d’un amour d’adolescent qui fait sourire, c’est le visage d’une personne perdue qui serre la gorge tout à coup, le chagrin inondant brusquement le cœur, c’est le jouet d’un enfant devenu adulte qui fait briller les yeux de tendresse, c’est un souvenir d’un voyage, d’un été, une nostalgie d’une vie différente, c’est un collier brisé par une colère ou une tristesse.
Dans le fond des tiroirs de nos cœurs, il y a toute une vie qui bat en sourdine et qui s’éveille sitôt qu’on s’y penche.
Dans le fond des tiroirs de ma vie, il y a des gens que j’aimais et que je n’oublie pas.
Les mots me manquent pour en parler et ma peine me rend muette. Je ne sais pas parler des amis, des proches qui sont partis et qui me laissent le cœur meurtri. C’est ainsi. Je garde en moi les moments que nous avons partagés. Je garde mes pleurs et les mouvements douloureux de mon cœur quand je pense à l’un d’entre eux.
Dans le fond des tiroirs de ma vie, je cache mes peines, je range mes joies, je plie mes amitiés perdues, je range mes regrets, mes espoirs, pour mieux les retrouver quand la nostalgie s'invite.